Il existe des centaines d’articles sur l’île de La Réunion. Cette fois-ci, Tchilee vous propose une immersion sensorielle à travers le regard d’un réunionnais, ni plus ni moins que le co-fondateur de Tchilee.com ! Nous espérons que vous prendrez plaisir à lire cette page et qu’elle vous donnera envie de prolonger ce voyage des sens en y allant passer vos prochaines vacances. 

La Réunion : une destination multi-culturelles 

Cette île, je l’aime pour son histoire, son mélange ethnique qui est à cheval entre les continents asiatique, européen et africain. Je l’aime aussi pour sa sublime architecture coloniale, la chaleur et l’accueil de ses habitants. 

Ce carrefour des civilisations ne peut qu’offrir de belles rencontres qui entremêlent des visages que vous n’oublierez jamais. L’île de La Réunion, anciennement appelée ”l’île Bourbon”, est une destination exotique, atteignable en seulement une nuit d’avion (environ 10 heures depuis Paris), le tout pour un prix raisonnable. Pour 12 jours au paradis, comptez environ 2590€ pour 2 personnes, activités incluses ! Votre arrivée à l’aéroport Roland Garros se fera entre le bleu foncé de l’océan Indien et les hauts sommets escarpés de l’île. Par ces quelques lignes, je vous invite au voyage, en solo ou en famille, vous trouverez forcément votre bonheur.    

Une culture “flamboyante” 

Il y a de fortes chances que les premiers mots que vous entendrez à votre arrivée soient “Komen i lé ?” ou “Sa ou fè ?” ce qui signifie “comment ça va?” ou “comment allez-vous” ?   Le créole réunionnais est un mélange de français et de langues issues d’ethnies locales (malgaches, tamoules, chinoises…). Il est toujours appréciable de pouvoir s’exprimer avec quelques mots de créole lorsque vous rencontrerez des réunionnais à l’occasion de votre séjour. N’hésitez pas à nous contacter, nous serons très heureux de pouvoir vous apprendre quelques mots avant votre départ.

 Une des cultures dominantes de l’île est la culture sud indienne “Tamoule” prenant ses racines entre le Sri Lanka et le sud Est de l’Inde à Pondichéry, ancien comptoir de la compagnie française des Indes. Après l’abolition de l’esclavage en 1848, beaucoup d’indiens ont migré vers l’île Bourbon en vue d’occuper un emploi “d’engagé agricole” au sein des plantations des grandes familles esclavagistes de l’île, comme celle de la famille Desbassyns.

Si vous êtes passionnés par le côté mystique de la culture indienne, je vous conseille de vous y rendre au cours des mois de janvier et de février pour assister à la célébration religieuse du Kavadi (Cavadee) ou au mois de novembre pour celle du Deepavali (Diwali). Pour la première fois : âme sensible s’abstenir ! Au cours de la fête du Kavadi, les pénitents s’enfoncent des crochets et des pics aiguisés sous la peau tout en portant un autel sur leurs épaules, le long d’un chemin de procession en direction d’un temple Hindou. Pour celle du Dipavali, il s’agit de la fête des Lumières visant à symboliser la victoire de la connaissance sur l’ignorance humaine. Des bougies s’allument en signe d’espoir et en symbole de sa participation à l’évènement. N’hésitez pas à solliciter notre correspondant local, qui saura vous envoûter au coeur de ses deux principales cérémonies. 

Comment bien manger ?

La Réunion, c’est aussi une explosion de couleurs, de saveurs et d’odeurs. En arpentant les allées des marchés forains, vous serez enivrés par l’abondance des variétés de fruits et de légumes

 exotiques. Vous y découvrirez entre autre, le fondant de la “mangue josé”, le goût à la fois acide et sucré des gousses de tamarin, le croquant de l’ananas “Victoria”, la vitalité offerte par les fruits de la passion au petit déjeuner ou encore la chair charnue et sucrée des litchi ou celles des longanis (variété de litchi au goût de miel)… De stands en stands, vous rencontrerez de nombreux légumes qui vous seront inconnus. Les “chouchou” et la “patate d

ouce” font d’excellents gratins, les brèdes revenus avec des gousses d’ails accompagneront vos poissons…bref, la liste est longue ! Je vous conseille de faire vos courses sur ces marchés de plein air ou couverts, plutôt qu’en supermarché. Ceci qui vous permettra de faire des économies substantielles dans une île où les produits importés sont généralement 30% à 40% plus chers que sur le continent européen. Toutefois, vous retrouverez tous les produits courants de consommation dans les grandes surfaces telles que Jumbo Score, Cora ou Leader Price.

La cuisine réunionnaise est à l’image de son brassage ethnique : épicée, métissée et parfois inattendue. Elle est pour les réunionnais le signe du rassemblement familial. Il est de tradition de retrouver des familles entières rassemblées le dimanche sur la plage ou les aires de pique-nique autour de “la marmite en fonte”.  Les plats sont souvent présentés sous forme de “cari” ou de “rougail” et offrent systématiquement un goût de “revenez-y…”. Ils sont réalisés systématiquement avec la même base (tomate, oignon, assaisonnements) d’un accompagnement en riz et/ou haricots rouges et d’un met principal comme les saucisses ou le lard fumé (boucané), les crevettes ou encore le thon ou l’espadon. La différence entre ces deux aspects (cari/rougail) réside d’une part avec la cuisson des oignons (grillés ou “en sauce”) ainsi que de l’accompagnement du plat avec une sauce pimentée dite “ sauce rougail”. Vous pouvez préparer cette dernière à base d’oignons et de piment oiseau et l’agrémenter à partir d’un ingrédient supplémentaire tel que le concombre, la tomate, le citron, la mangue, la dakatine (beurre de cacahuète) ou la bringelle (variété d’aubergine). L’ingrédient “secret” qu’ajoute les anciens (appelés “gramounes” en créole) et qui fait la différence est “le combava”. Il s’agit d’une variété asiatique d’agrume (proche du citron vert) dont on utilise que le zest. Les plats créoles se dégustent aussi en civet, ce qui consiste à remplacer le curcuma et le thym par un verre de vin et un clou de girofle. 

Les entrées et apéritifs se font à base de “bouchons” cuits à la vapeur et contenant généralement du porc ou du poulet. Vous pouvez également trouver des beignets frits pimentés appelé “bonbon piment” ou encore les célèbres samoussas fabriqués en feuilles de brique et composés là encore de porc, de poulet ou simplement de légume. Il s’agit principalement de saveurs issues de l’Inde. Si vous n’avez pas le temps de cuisiner, vous découvrirez de nombreux “camions-bars” ou des “paillotes”qui jalonnent le bord des routes ou des plages  et qui proposent des sandwichs gratinés au gruyère appelés “Americain”. Pas franchement diététique mais ils sont un vrai régal, surtout si vous accompagnez votre encas d’une bière locale “La Dodo” ou d’une limonade traditionnelle le “COT Américain”. Je dois avouer que c’était mon péché mignon après une bonne séance de surf le samedi matin !      

Vous l’aurez compris, la cuisine créole est riche et savoureuse. Quelle soit dégustée pieds nus dans le sable blanc de St Gilles ou sur le pouce à l’occasion d’une randonnée, vous ne serez jamais déçu. N’hésitez pas à vous arrêter dans les meilleurs restaurants de l’île qui vous seront conseillés par notre correspondant local. 

Où sortir ?

La Réunion est surnommée l’île intense pour la beauté de ses paysages et son multiculturalisme. Il y a tellement de choses à voir, faire et découvrir que je vous conseille d’y passer au moins une dizaine de jours.  

La route des plages

Côté balnéaire, les amoureux du “farniente” et de la bronzette au monoï seront ravis de découvrir les plages de la côte ouest. Paradis des “zoreilles” (métropolitains), “la route des plages offre une belle balade le long de l’océan, entre la ville de Boucan Canot et celle de St Leu. Je vous conseille d’étendre votre serviette sur une plage du lagon, protégée par sa barrière de corail. Le plus propice à cet exercice sont les plages des villes de St Gilles et de La Saline. Le meilleur moment est de s’y rendre entre le lundi et le jeudi pour éviter l’afflux de personnes du week-end et vous laisser aller à la dégustation d’un “cari de poisson”, servi les pieds dans le sable autour d’un rhum arrangé. 

Les activités de glisse

A la fin des années 90, mon activité préférée était de prendre ma planche de surf et de profiter des vagues de “l’Etang salé”, soleil couchant sur l’horizon. J’adorais terminer ma séance de glisse assis dans le sable noir qui restituait la chaleur accumulée de la journée. Malheureusement, la prolifération des requins, “le “bulldog”, comme l’appellent les réunionnais, rend hasardeux cette activité. Des mesures préventives existent comme une surveillance accrue des spots de surf ou la mise en place des filets anti-requins. Toutefois, je vous déconseille de vous lancer dans les sports de glisse hors des zones protégées, à l’aube ou à l’aurore, après de fortes pluies ou dans les zones sauvages de l’île (Sud et Est). J’espère qu’un jour mon île retrouvera ses lettres de noblesse en la matière. Si toutefois vous souhaitiez vous lancer à l’assaut des rouleaux, le spot de St Leu est un lieu de légende, par lequel s’est forgé la réputation internationale du surf réunionnais. Les plages des Roches Noires, de Boucan-Canot et de l’Etang-Salé sont un véritable paradis pour les surfeurs.    

Les visites et ballades

Il y a tant de choses à faire et à voir à la Réunion. Si vous êtes fan comme moi d’histoire et d’architecture de “type coloniale”, je vous conseille de vous promener dans le centre-ville historique de St Denis pour y trouver la splendeur des demeures d’antan. Pour en savoir plus sur ce passé du XVIIIème siècle, rendez-vous au domaine colonial de Villèle. Je vous conseille vivement d’y faire la visite guidée, pour avoir un bon aperçu du passé de l’île et de son héritage culturel. A titre personnel, je suis fan des “cases créoles” (maisons locales) du village d’Hell Bourg qui est situé quelques kilomètres après le village de Salazie. A Hell Bourg, ne manquez pas la visite de la maison créole Folio. La beauté de son jardin tropical vaut le détour à condition d’être en manches longues avec un peu de répulsif anti-moustiques ! Il existe un chemin peu connu qui vous emmènera aux anciens thermes, symbole de l’apogée de la bourgeoisie de 1875, qui venait changer d’air par rapport à la vie du littoral. Les petits fruits rouges que vous trouverez sur le chemin, sont des goyaviers sauvages que vous pouvez manger sans risque ! Si vous en avez l’envie, je vous invite à prendre une chambre d’hôte et d’y passer une nuit et de prendre le temps de déguster un bon repas créole. 

Si vous rêviez d’être au bout du monde, prenez la route de Cilaos. Datant de 1932, elle est pour moi la plus vertigineuse de l’île. Dites-vous qu’avant la construction de cet accès, le périple se faisait à

pied ou en “chaise porteur” et il fallait au moins deux jours de marche. Certains passages étaient tellement étriqués que la croisée de deux personnes sur le sentier faisait figure de périlleux défi. A notre époque moderne, la voiture est plus pratique mais je déconseille d’être assis à l’arrière ! Le village que vous découvrirez vaut le détour. Il est réputé pour son artisanat local comme sa broderie ou ses aquarelles. Les réunionnais seront aussi très fiers de vous faire goûter la production locale de vin ou des lentilles cultivées sur ces terres volcaniques et escarpées.

Si la route de Cilaos vous effraie en voiture, chaussez vos chaussures de randonnée et tentez la marche vers le cirque de Mafate. Il existe plusieurs accès pour s’y rendre depuis Salazie, Cilaos ou le Maïdo mais uniquement par voie pédestre. Le modernisme n’a pas réussi à percer la quiétude de ce lieu par la construction d’une route d’accès. Là aussi, je vous conseille d’en profiter pleinement en y passant une nuit en chambre d’hôtes. Il existe une multitudes de randonnées à faire et qui offrent plusieurs niveaux de difficultés. Renseignez-vous bien au préalable avant de vous lancer à l’aventure, tant sur l’équipement nécessaire pour réaliser votre escapade que sur votre capacité physique pour pouvoir le faire sans risque.

Vous ne pouvez pas quitter l’île sans vous rendre sur le domaine du Piton de La Fournaise. Là encore, les paysages sont à couper le souffle. Vous pouvez

vous y rendre depuis la ville de St Pierre et la route du “Tampon. Après avoir affronté une nouvelle route entrelacée de virages, changement de décor. Vous arriverez sur une voie forestière qui vous plongera dans un décor bucolique et quelques kilomètres plus loins, vous voici désormais projeté dans un environnement totalement lunaire. L’atteinte de l’enclos du volcan vous offrira un spectacle inoubliable que vous ne manquerez pas de photographier.  Qui sait ? Peut-être que vous entendrez dire “volcan la pété” ce qui signifie qu’il est entrée en éruption pour le plus grand bonheur des yeux !

J’ai tellement de choses à vous raconter sur mon île, que cette page serait interminable ! J’espère avoir pu éveiller vos sens et vous donnez le goût pour cette destination. Retrouvez toutes nos offres pour La Réunion sur www.tchilee.com.

Benjamin